Historique du Château d'Avanton Version imprimable Suggérer par mail

 

L’architecture et la décoration du château sont associées à l’histoire des principales familles qui se sont succédées sur le domaine.

En 1346, le propriétaire, Jean de CHEOUPPES, en fait don à l’ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, futur Ordre de Malte. Les fondations du château actuel constituent la base de la commanderie, dont la salle du chapitre se trouvait probablement dans l’immense cave du premier niveau, éclairée par de larges baies affleurant au sol. Au-dessous, une seconde cave, avec prises d’aération, est prolongée par une cave plus petite, creusée à même le roc.

Deux nouveaux seigneurs se succèdent à Avanton au XVème siècle, Jean Labbé en 1422, puis Jacques Giboureau en 1482. Mais il n’existe pas encore de château, seulement un hostel, c’est-à-dire un manoir, un domaine champêtre.

Puis, au début du XVIème siècle, en 1509, François Aubert, conservateur du quart du sel en Poitou et Saintonge, acquiert par un échange l’hostel et la seigneurie.

Son fils, François Aubert², beau-frère de Fumé (qui fait construire l’Hôtel Fumé, ou hôtel de la Prévôté, rue de la Chaîne à Poitiers) devient seigneur d’Avanton par l’aveu qu’il prononce en 1541. Conseiller du roi à Poitiers, conseiller du Parlement de Paris, 1er président de la Sénéchaussée en 1551 à Poitiers, chargé en 1559 de la rédaction des articles de la coutume du Poitou, puis maire de Poitiers de 1564 à 1565, c’est lui qui fait bâtir le château et la fuie au milieu du siècle. On lui doit la partie centrale du château, avec la tour qui contient l’escalier rampe sur rampe et le donjon orné de deux tourelles en encorbellement, et deux ailes attenantes. Sa construction est bien sûr beaucoup plus modeste que le château de Bonnivet voisin (commune de Vendeuvre), qui, avec ses 374 fenêtres, avait accueilli François 1er et sa mère Louise de Savoie, et que Rabelais cite, dans l’Abbaye de Thélème, avant Chambord et Chantilly. Mais, contrairement à l’Amiral de Bonnivet, mort à la bataille de Pavie, François Aubert aura la chance que son château passe à la postérité !

A sa mort, en 1569, sa fille Louise, plus tard Mme de La Bruyère, devient propriétaire du château. Et en 1637, Guillaume de La Bruyère, par un échange, le cède à Claude Duflos, poitevin d’adoption, bourgeois du corps de ville récemment anobli. Financier fortuné, c’est lui qui agrandit le château pour lui donner son apparence actuelle : il charge Bertrand Jardel, architecte du roi en Poitou, de construire deux pavillons en équerre et il dirige lui-même les travaux de Nicolas Foulon, maître maçon de Dissay, en 1640.

Le château entre dans la famille Fay-Peyraud par le mariage en 1672 d’Antoinette Duflos avec Joseph Fay-Peyraud de la Chèze, conseiller au présidial de Poitiers. Cette famille en reste propriétaire jusqu’après la Révolution française. Au XVIIIème siècle, les seules modifications architecturales consistent en la suppression des meneaux et l’allongement des fenêtres, les efforts portant surtout sur la décoration intérieure : des cheminées Louis XVI sont ajoutées dans les ailes et les pavillons, et les plafonds à la française sont plâtrés.

En 1802, le château passe, par une adjudication, à Mme de Fommobert qui le transmet à son gendre : Jean-Baptiste de Faulconnier. Le mariage de sa fille, vers 1815, avec M. Veillechèze de la Mardière, donne l’occasion d’une nouvelle décoration, celle de la grande pièce de l’aile sud : tapisserie murale sur papier et dallage avec réemploi des dalles de corniche du château de Bonnivet, détruit à la fin du XVIIIème siècle, son propriétaire ayant eu peur d’une influence néfaste.

Le château, qui reste dans la famille Veillechèze de la Mardière jusqu’en 1921, connaît un premier dommage en 1869 : l’aile nord s’écroule à cause de travaux de rénovation mal effectués, et l’occupante aurait eu la vie sauve grâce à son lit à baldaquin. Une reconstruction de cette aile a lieu, mais à l’économie, le toit est moins haut, les fenêtres ne sont pas symétriques et sans meneaux, comme en témoignent les photos de Jules Robuchon.

Au début du XXème siècle, le domaine est partagé : une partie des dépendances est vendue à la famille Chennebault, le corps de ferme et la fuie sont vendus à la famille Boutin ; le château est découpé : le pavillon nord est acheté par M. Didier alors que le bâtiment central et le pavillon sud sont achetés, en 1921, par Mme Druet . Juste après cette vente, un second dommage vient toucher le château puisque un feu de cheminée détruit à nouveau l’aile nord en 1922. Elle est restée en l’état jusqu’à ce jour.

Le château est inscrit en 1927 à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments historiques.

La petite-fille de Mme Druet, Mme de Benoist, qui habite Paris, vient séjourner régulièrement à Avanton où elle passe tous les étés. Après sa mort en 1967, son fils cherche un acquéreur.

M. Lolmède va reconstituer le bâtiment principal dans sa globalité, puisque après avoir acheté la partie appartenant à M. de Benoist en 1969, il acquiert le pavillon nord en 1977.

En septembre 2000, André et Viviane Youx deviennent les nouveaux propriétaires et réalisent les travaux d’urgence, avant d’y habiter et de réaliser la reconstruction de l’aile détruite : un nouveau toit, de nouveaux étages avec plafonds à la française, des fenêtres à meneaux et une lucarne sculptée sur la face nord vont redonner une nouvelle vie au château.

 

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