L'histoire du Château d'Avanton



Sur les bases d'un bâtiment plus ancien, le Château d'Avanton fut érigé au XVIème siècle par François AUBERT, maire de Poitiers. L'architecture et la décoration portent trace des différentes familles qui se sont ensuite succédé sur le domaine. Cet ouvrage semble avoir été conçu comme un premier obstacle aux vents qui balaient la plaine sur la route reliant Richelieu à Poitiers. Sa hauteur imposante et sa forme équilibrée en font un des fleurons de l'histoire et de l'architecture Renaissance.



Le corps principal du château a été bâti sous François 1er vers 1545. Le donjon central flanqué de deux échauguettes, sépare le bâtiment en deux parties d’une symétrie toute relative.



La porte principale, qui rappelle l’ordre ionique, est décalée pour permettre l’entrée sur l’escalier rampe sur rampe.



Sur les pavillons XVIIème, des putti et grenades ornent les fenêtres



Pierre du chateau de Bonnivet.



Blason de la famille Veillecheze de la Mardière dont la devise est :
"ARDEO NEC CONSUMOR",
(Je brûle sans me consumer).

Histoire du Château d’Avanton



L’architecture et la décoration du château sont associées à l’histoire des principales familles qui se sont succédé sur le domaine.


A la fin du XIIIème siècle, des écrits attestent de la présence d'une église (paroisse d'Avanton citée en 1325) et d'un hostel, petit manoir aux champs.


Le seigneur d'Avanton, au début du XIVème siècle, est Jehan de Chouppes. La Seigneurie d'Avanton dépend de la Seigneurie de Beaumont. En 1346, Jehan de Chouppes fait don de l'hostel et de la Seigneurie à l’ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, futur Ordre de Malte. Les fondations du château actuel constituent la base de la commanderie, dont la salle du chapitre se trouvait probablement dans l’immense cave du premier niveau, éclairée par de larges baies affleurant au sol. Au-dessous, une seconde cave, avec prises d’aération, est prolongée par une cave plus petite, creusée à même le roc.

En 1383, la donation (pourtant pure, absolue et non révocable) est révoquée, et Regnault de Nanteuil, prieur de l'Ospital, lègue l'hostel et la Seigneurie d'Avanton à Jehan Labbé. Ils resteront dans sa famille durant un siècle, par ses fils et fille : Jehan Labbé en 1422, seigneur d'Avanton, puis Guy Labbé, prêtre, puis Jehanne Labbé. Les descendants de celle-ci (Seigneur de la Viaudière) cèdent une partie du domaine à Jacques Giboureau, nouveau seigneur d'Avanton en 1482. Il meurt en 1505 sans postérité, la seigneurie est partagée, et ses héritiers cèdent l'ensemble, hostel et seigneurie, en 1509, à François Aubert, conservateur du quart du sel en Poitou et Saintonge. A son décès (1525) son épouse Jeanne Clabat hérite, puis son fils François Aubert², en 1540.

François Aubert², beau-frère de Fumé (qui fait construire l’Hôtel Fumé, ou hôtel de la Prévôté, rue de la Chaîne à Poitiers) devient seigneur d’Avanton par l’aveu qu’il prononce en 1541. Conseiller du roi à Poitiers, conseiller du Parlement de Paris, 1er président de la Sénéchaussée en 1551 à Poitiers, chargé en 1559 de la rédaction des articles de la coutume du Poitou, puis maire de Poitiers de 1564 à 1565, c’est lui qui fait bâtir le château et la fuie au milieu du siècle. On lui doit la partie centrale du château, avec la tour qui contient l’escalier rampe sur rampe et le donjon orné de deux tourelles en encorbellement, et deux corps de bâtiment attenants. Sa construction est bien sûr beaucoup plus modeste que le château de Bonnivet voisin (commune de Vendeuvre), qui, avec ses 374 fenêtres, avait accueilli François 1er et sa mère Louise de Savoie, et que Rabelais cite, dans l’Abbaye de Thélème, avant Chambord et Chantilly. Mais, contrairement à l’Amiral de Bonnivet, mort à la bataille de Pavie, François Aubert aura la chance que son château passe à la postérité !

A sa mort, en 1569, sa fille Louise, plus tard Mme de La Bruyère, devient propriétaire du château. Et en 1637, Guillaume de La Bruyère, par un échange, le cède à Claude Duflos, poitevin d’adoption, bourgeois du corps de ville récemment anobli. Financier fortuné, c’est lui qui agrandit le château pour lui donner son apparence actuelle : il charge Bertrand Jardel, architecte du roi en Poitou, de construire deux pavillons en équerre et il dirige lui-même les travaux de Nicolas Foulon, maître maçon de Dissay, en 1640.

Le château entre dans la famille Fay-Peyraud par le mariage en 1672 d’Antoinette Duflos avec Joseph Fay-Peyraud de la Chèze, conseiller au présidial de Poitiers. Cette famille en reste propriétaire jusqu’après la Révolution française. Au XVIIIème siècle, les seules modifications architecturales consistent en la suppression des meneaux et l’allongement des fenêtres, les efforts portant surtout sur la décoration intérieure : des cheminées Louis XVI sont ajoutées dans les ailes et les pavillons, et les plafonds à la française sont plâtrés.

En 1802, le château passe, par une adjudication, à Mme de Fommobert qui le transmet à son gendre : Jean-Baptiste de Faulconnier. Le mariage de sa fille, vers 1815, avec M. Veillechèze de la Mardière, donne l’occasion d’une nouvelle décoration, celle de la grande pièce de l’aile sud : tapisserie murale sur papier et dallage avec réemploi des dalles de corniche du château de Bonnivet, détruit à la fin du XVIIIème siècle, son propriétaire ayant eu peur d’une influence néfaste.

Le château, qui reste dans la famille Veillechèze de la Mardière jusqu’en 1921, connaît un premier dommage en 1869 : l’aile nord s’écroule à cause de travaux de rénovation mal effectués, et l’occupante aurait eu la vie sauve grâce à son lit à baldaquin. Une reconstruction de cette aile a lieu, mais à l’économie, le toit est moins haut, les fenêtres ne sont pas symétriques et sans meneaux, comme en témoignent les photos de Jules Robuchon.

Au début du XXème siècle, le domaine est partagé : une partie des dépendances est vendue à la famille Chennebault, le corps de ferme et la fuie sont vendus à la famille Boutin ; le château est découpé : le pavillon nord est acheté par M. Didier alors que le bâtiment central et le pavillon sud sont achetés, en 1921, par Mme Druet . Juste après cette vente, un second dommage vient toucher le château puisque un feu de cheminée détruit à nouveau l’aile nord en 1922. Elle est restée en l’état jusqu’à ce jour.
Le château est inscrit en 1927 à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments historiques.
La petite-fille de Mme Druet, Mme de Benoist, qui habite Paris, vient séjourner régulièrement à Avanton où elle passe tous les étés. Après sa mort en 1967, son fils cherche un acquéreur.
M. Lolmède va reconstituer le bâtiment principal dans sa globalité, puisque après avoir acheté la partie appartenant à M. de Benoist en 1969, il acquiert le pavillon nord en 1977.

En septembre 2000, André et Viviane Youx deviennent les nouveaux propriétaires et réalisent les travaux d’urgence, avant d’y habiter et de réaliser la reconstruction de l’aile détruite : un nouveau toit, de nouveaux étages avec plafonds à la française, des fenêtres à meneaux et une lucarne sculptée sur la face nord vont redonner une nouvelle vie au château.